La commune de Cortrat est à l’origine de la création du musée archéologique et historique de Châtillon Coligny, classé musée de France, grâce au riche mobilier de ses deux cimetières antiques découverts vers 1959 et au portail de la petite église.

Ainsi, Cortrat est devenue l’une des plus célèbres communes d’Europe en matière d’archéologie.

Le cimetière Mérovingien : cimetière germain datant de la fin du IVème siècle où les femmes sont parées d’incroyables bijoux, fibules, colliers… témoignant de la haute hiérarchie de ces fédérés au service de l’Empire Romain.

Le cimetière de la Tène (IVème siècle avant J.C.) : composé de tombes de guerriers, ce dernier allait fournir une clé pour la correspondance des équipements militaires laténiens des Vème ou IVème siècles avant J.C. peut-être une connexion entre l’armement des Senons d’Italie et ceux de notre région. Ces deux cimetières avec leur riche mobilier sont la confirmation de nos lointaines origines locales.

L’église St Martin et son portail : inscrite à l’inventaire des monuments historiques depuis 1972, elle doit dater de la fin du XIème siècle. Construite en moellons irréguliers elle servit de grange à la Révolution. Depuis 1930 sans couverture, elle menaçait ruine. En 1958, elle retrouva sa toiture grâce au maire et redevint église. Les fresques qui ornaient l’intrados de l’arc d’entrée de l’abside ont été déposées au musée Girodet de Montargis. La commune lui fit construire vers 2010 un clocher avec son ancienne cloche et un auvent du plus bel effet pour le portail.

Eglise de Cortrat

Le portail de Cortrat : il est constitué d’un linteau irrégulier aux extrémités découpées en vue de simuler des claveaux (dont la pierre doit provenir d’un sarcophage) et d’un tympan orné de losanges gravés.

Les interprétations du portail de Cortrat : le registre inférieur divisé en deux parties évoquerait le mal et l’orgueil, à gauche représentés par le lion et l’ordre et la vertu à droite, figurés par un animal (un agneau peut être ?), qui se détache sur un fond plus harmonieux. L’attitude des personnages prendrait ainsi tout son sens dans chacune des deux zones.

N’oublions pas aussi, un petit personnage, la main gauche sur la cuisse, le bras droit relevé en salut militaire.

Ce petit personnage, ferait un geste d’adoration, il s’adresserait à la divinité astrale ou solaire. La main sur la cuisse est une attitude de danse cosmique ». « Deux lions affrontés garderaient la source qui jaillit au pied du Hom, arbre sacré des anciens Perses, car quiconque boirait de cette eau deviendrait immortel ».

Mais, pour le plus grand nombre, ce serait le Paradis : « Adam régnant sur un monde en paix, tandis que de son côté Ève tend la main vers la pomme fatidique, le fouet d’un des claveaux sanctionnant la faute » […]

Cortrat ne serait-il qu’un syncrétisme sur le sol gaulois des idées circulant de l’Inde à l’Irlande à travers les millénaires, par quel graveur ou clerc, et pourquoi sur le portail de cette petite église ?

(Texte de l’Abbé Nollant)